Un jalon au goût amer : l'abonnement FSD sur l'île
Les propriétaires de Tesla au Royaume-Uni l'attendaient depuis longtemps : Tesla a officiellement lancé l'abonnement mensuel pour son pack « Full Self-Driving » (FSD) en Grande-Bretagne. Pour environ 96 livres par mois, les conducteurs peuvent louer les fonctionnalités avancées du Autopilot de manière flexible, sans payer le prix d'achat complet à l'avance. Mais la joie dans la communauté a été de courte durée. Car derrière l'offre alléchante se cache un problème massif qui freine la communauté Tesla européenne depuis des années : le fossé réglementaire entre les États-Unis et l'Europe se creuse plus que jamais.
Le problème réglementaire : pourquoi le FSD britannique n'est pas un vrai FSD
Alors qu'aux États-Unis, les propriétaires de Tesla utilisent déjà la version avancée FSD Supervised, basée sur des réseaux neuronaux complexes et qui conduit le véhicule de manière autonome dans la circulation urbaine, les ronds-points et les intersections, les clients britanniques et européens reçoivent pour leur argent une version fortement réduite. En raison des directives restrictives de l'UNECE (Commission économique des Nations Unies pour l'Europe), de nombreuses fonctions de conduite autonome sont fortement limitées.
Concrètement, cela signifie :
- Changement de voie uniquement avec confirmation : La voiture ne peut pas changer de voie de manière totalement autonome, mais nécessite toujours l'impulsion manuelle du conducteur via le clignotant.
- Limitations de l'angle de braquage : Dans les virages, la force de direction maximale du système est légalement limitée. Dans les virages plus serrés, le système s'arrête.
- Pas de véritable conduite en ville : La détection et la réaction aux feux de circulation et aux panneaux de stop sont certes intégrées, mais une véritable navigation à travers les intersections urbaines complexes sans intervention du conducteur est interdite par la réglementation.
États-Unis vs. Royaume-Uni/Europe : la comparaison directe du FSD
Pour illustrer l'ampleur du problème, un coup d'œil à la comparaison directe des fonctionnalités entre les marchés est utile :
Les nouvelles directives DCAS (Driver Control Assistance Systems) de l'UNECE doivent être progressivement modernisées à partir de 2025 pour permettre des systèmes d'assistance à la conduite plus avancés en Europe. Jusque-là, le FSD de Tesla reste en Europe un système de niveau 2 pur avec des limites physiques étroites.
Lueur d'espoir grâce aux projets pilotes
Malgré la déception actuelle au Royaume-Uni, il y a des progrès timides en Europe continentale. Dans les pays avec des autorisations de test plus libérales, Tesla gagne du terrain. Ainsi, nous avons récemment rapporté le lancement d'un projet pilote en Flandre ainsi que l'expansion du FSD en Estonie. Ces avancées régionales montrent que Tesla met tout en œuvre pour adapter les systèmes aux conditions routières européennes et collecter des données pour les autorités de régulation dès que le cadre juridique le permettra.
Conclusion : l'abonnement FSD en vaut-il la peine au Royaume-Uni ?
Pour les passionnés de technologie au Royaume-Uni, l'abonnement FSD offre une opportunité bienvenue de tester les fonctionnalités sans risque, sans investir des milliers de livres dans le pack permanent. Néanmoins, l'utilité reste, en raison de la législation européenne, considérablement en deçà des attentes. Tant que les directives de l'UNECE ne seront pas fondamentalement réformées, l'expérience FSD européenne restera une ombre de son modèle américain.